Nuit, orages, vent, grain violent : tout y passe !

25 septembre

Minuit est passé, la nuit est engagée.

Nous venons d’emparer sur tribord, en direction du Cap Negre, à moins de 10NM de nous. Sur tribord, encore des orages : le vent venant du NNE, j’espère leur échapper…

Nous venons de rentrer le gennaker, après l’empannage. J’ai pu attraper une météo détaillée pour les heures qui viennent : le vent fort se confirme.


On a établi le solent et pris 2 ris dans la GV, même si, au portant, un seul aurait suffi dans les conditions attendues.
Idéalement c’est le spi que nous aurions dû garder. Il est taillé pour ce temps, nous aurions fait du cap et serions en avance d’une ou deux heures. Sans avoir à nous soucier de tirer des bords jusqu’à l’arrivée.

J’irai dormir un peu quand nous aurons empanné une nouvelle fois.

Je vais essayer de réserver à la marina de Carthagene.

2h20

Encore une fois on l’a échappé belle.
Les orages se sont développés le long du Cap Negre, vers l’ouest, puis ont suivi une trajectoire les conduisant vers nous. Mais leur voyage vers l’est à pris le dessus, et nous n’avons eu que quelques gouttes et de grosses rafales à 24 noeuds. Qui nous propulsaient à plus de 8 à 9 noeuds sous deux ris…

Le vent est ensuite retombé à 10 noeuds, dans le sens de notre route : nous aurions vraiment dû garder le spi !

Car là, on se traîne 😁

2h30

Je suis allé dormir de 2h30 à 5h30.

Plus tôt dans la soirée nous avions roulé le gennaker après un empannage vers la côte, car le vent montait au-delà de 15 noeuds, et les prévisions météo annonçaient jusqu’à 20, 25. On avait aussi pris un second ris en anticipant. Second ris probablement très conservateur pour nous, mais nous nous sentions mieux.

Sous solent, avec 15 noeuds de vent, nous avancions bien.
Je suis allé me coucher vers 2h30, Béa a roulé le solent peu après, et allumé le moteur : on n’avait plus de vent !


Je suis remonté à 5h30.
On était toujours au moteur, mais avec 25 noeuds de vent, dans le dos !

La GV, bordée presque dans l’axe, souffrait de cette pression. Trop tard pour affaler : Ti’amā et cette voile sont conçus pour ces vents. Mais pour nous c’est assez nouveau.

Je règle un peu mieux la GV, débordée pas mal sur bâbord, le chariot a mi chemin seulement, et je coupe le moteur.

Pilote automatique, angle au vent demandé : 170.

Ça tient, on avance à 8, parfois 9 noeuds.
J’attache ma bôme (le bout de retenue traînait derrière Ti’amā…).
On devra empanner dans quelques heures.

Et on aura ce vent jusqu’à l’arrivée.

Impressionnant.

Mais c’est la force courante des alizés.

Nous naviguerons souvent par ce temps, c’est une découverte et une bonne préparation…

Enfer liquide, une nouvelle fois !

15h
Dans deux heures environ nous arriverons à Carthagène. Le ciel est sombre sur la côte, les éclairs se déploient. Devant nous le ciel est toujours clément.

Le vent a bien baissé, nous relâchons le deuxième ris. On accélère un peu…

Je propose à Béa d’aller chercher les amarres et de sortir les défenses, en prévision de notre installation à la marina (qui n’a toujours pas répondu à ma demande de place).

Le temps d’aller chercher tout ça la pluie tombe en rideau opaque devant nous. A notre tribord, des petites trombes marines de développent !

Le vent monte soudain.

En une minute nous sommes sous la pluie.

En une seconde le vent hurle, la mer est blanche et plate tant le vent souffle.
Les gouttes de pluie sur mon visage font mal.
Nous avions allumé les moteurs : a fond, droit devant.

Il est trop tard pour fuir, trop tard pour amener la grande voile : j’opte pour le vent de face et la GV dans l’axe, mais impossible, le pilote, plus puissant que moi, n’arrive pas à remonter les 30 derniers degrés ! Alors je déborde un peu la GV pour la déventer et je « gère » autant que possible cette situation infernale.
Béa me dit que le vent météo frôle les 40 noeuds…
Une pensée me motive : cet orage violent est petit, nous devrions vite le traverser.
Et en effet, moins de 5 minutes après, retour au calme, le vent repasse plein arrière, le ciel bleu se voit entre les nuages… On amène la GV vent arrière : la manœuvre est efficace désormais. Et puis cap sur notre destination.
Il n’y a finalement eu qu’un seul éclair, derrière nous.

L’arrivée dans la marina de Carthagène s’est ensuite bien passée, nous étions bien installés, nous y sommes restés quelques jours… 

Skipper Powered by Skipperblogs